L’optogénétique, née comme un outil qui a révolutionné les neurosciences, est aujourd’hui un domaine de recherche en plein essor et une technologie en plein essor couramment utilisée par de nombreux laboratoires dans le monde entier et dans divers domaines de recherche en biologie. Nous avons développé bPAC-nLuc, une protéine optogénétique polyvalente, en fusionnant une adénylyl cyclase (AC) sensible à la lumière de Beggiatoa sp. (adénylyl cyclase photoactivable bactérienne ; bPAC) à la nanoluciférase (nLuc)1,2,3. Lorsqu'il est stimulé par la lumière bleue, le bPAC produit le deuxième messager, l'adénosine monophosphate cyclique 3',5' (AMPc). nLuc est une petite luciférase récemment développée qui, en présence de l’un de ses substrats, peut générer une bioluminescence et activer la production d’AMPc4. Ainsi, cette protéine optogénétique peut être activée transitoirement en utilisant de brèves impulsions lumineuses ou régulièrement avec de la furimazine ou d’autres substrats de la luciférase, ce qui nous permet d’imiter différents modèles de signalisation de l’AMPc et d’évaluer les réponses cellulaires (activation des facteurs de transcription, expression des gènes, prolifération cellulaire, migration, etc.). Les progrès récents dans la signalisation du 2e messager ont souligné l’importance des événements se produisant dans des régions cytosoliques très restreintes (par exemple, la production endosomale d’AMPc pour la phosphorylation de la protéine de liaison à l’élément de réponse à l’AMPc (CREB) ou les microdomaines Ca2+ pour la translocation du facteur nucléaire des lymphocytes T activés (NFAT) vers le noyau)5,6. Par conséquent, il est important de développer des stratégies cohérentes et systématiques pour évaluer, imiter et bloquer la signalisation de ces compartiments dans les cellules vivantes. Pour montrer la capacité de bPAC-nLuc à être spécifiquement activé dans différents compartiments cellulaires, nous avons co-transfecté une lignée cellulaire dérivée de l’hépatome (HC-1) avec le bPAC-nLuc à cible nucléaire et H208, un capteur cAMP de transfert d’énergie de résonance (FRET) de Förster (NLS-bPAC-nLuc ; NLS-H208). Les cellules HC-1 qui dérivent de la gamme HTC sont dépourvues d’activité AC dosable, ce qui se traduit par de très faibles niveaux basaux d’AMPc, ce qui la rend idéale pour mesurer la production présumée d’AMPc tout en tirant parti de la plage dynamique complète des capteurs FRET7,8. À l’aide d’un laser à semi-conducteurs (445 nm, LDI-7, 89 North) connecté à un système de balayage ponctuel (UGA-42 Geo, Rapp OptoElectronic), nous décrivons un protocole permettant de stimuler systématiquement de très petites zones circulaires ou taches (~1 μm2) à l’intérieur de cellules individuelles. Le système de balayage ponctuel était connecté à l’un des ports arrière d’un microscope à deux étages, ce qui nous a permis de stimuler les cellules et d’effectuer des mesures FRET simultanément via un trajet lumineux indépendant. Nous présentons une méthode dans ce protocole où le logiciel SysCon Geo, fourni avec le système de stimulation par Rapp OptoElectronic, est utilisé pour effectuer un balayage complet du cytoplasme des cellules. L’approche consiste à générer une carte de réponse à l’AMPc en mettant en place une séquence d’illuminations qui stimulent les cellules dans un motif de grille (Figure 1).