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Dans cette étude, un modèle de PE peu invasif chez le rat utilisant des caillots sanguins autologues a été établi avec succès. Une fois maîtrisée, cette procédure de modélisation peut être réalisée en 30 min. Le modèle capture efficacement les principales caractéristiques de l’EP clinique, telles que confirmées par les examens pathologiques. Par conséquent, il offre un outil précieux pour élucider les changements hémodynamiques et la pathogenèse des complications après l’EP, développer de nouveaux biomarqueurs diagnostiques et cibles thérapeutiques, et tester de nouveaux traitements anti-thrombotiques.
Des efforts importants ont été déployés depuis plusieurs décennies pour développer un modèle animal d’EP, mais aucune méthode unique n’a été identifiée comme optimale pour modéliser l’EP12. Dans cet article, le modèle PE modifié présente plusieurs caractéristiques distinctes : (1) Prélèvement de sang à partir du cathéter veineux central (CVC) : Chez les rongeurs, le CVC se connecte à la confluence des veines jugulaires sous-clavière et interne et s’étend caudalement dans la cavité thoracique13. Les CVC gauche et droit sont presque symétriques. Le CVC a une lumière plus grande que les veines jugulaires, est situé près du manubrium et se trouve sous le grand pectoral. Ces caractéristiques anatomiques permettent une ponction veineuse précise, des volumes de sang plus importants et une hémostase rapide, ce qui se traduit par un taux de réussite élevé. De plus, le prélèvement de sang à partir du CVC est moins sensible à la contamination que par d’autres voies de prélèvement sanguin, et les complications telles que l’hématome, la thrombose et le pneumothorax sont moins probables. L’hémostase est généralement obtenue automatiquement ou rapidement avec la pression. (2) Injection par la veine épigastrique superficielle : En règle générale, les veines jugulaires externes sont utilisées pour l’injection de caillots sanguins afin d’induire l’EP6, 8, 9, et l’incision cutanée pour l’exposition peut être minime. Cependant, la canulation de la veine jugulaire externe entraîne souvent une occlusion veineuse, ce qui peut avoir un impact négatif sur les expériences ultérieures, car la veine jugulaire externe est le principal écoulement crânien chez les rats après la naissance14, et la canulation de l’autre veine jugulaire externe est nécessaire pour la mesure de la pression du ventricule droit 6,8,10. Dans ce modèle modifié, le sacrifice de la veine épigastrique superficielle a un impact minimal sur le corps. De plus, cette voie d’injection de caillots sanguins imite l’EP clinique, où la plupart des embolies proviennent des veines des membres inférieurs. L’emplacement précis de l’artère épigastrique superficielle est crucial pour une petite incision. La pulsation de l’artère épigastrique superficielle peut généralement être notée à la surface de la peau de l’aine, ce qui facilite l’identification des vaisseaux. (3) Charge d’embole personnalisée : La charge d’embole est déterminée par le diamètre et la longueur totale de la colonne de sang. Le générateur de thrombus utilisé dans cette étude permet une préparation standard et personnalisée de la charge d’embole. Les chercheurs peuvent ajuster ces paramètres en fonction de leurs besoins de recherche. Dans ce cas, la charge d’embole induit des symptômes et des signes notables, mais est moins susceptible d’entraîner la mort. Il est généralement sans danger si moins de 10 cm de caillots sanguins sont injectés. En cas d’apnée, l’injection doit être arrêtée immédiatement. L’expérimentateur doit ensuite tenir la poitrine de l’animal avec les doigts placés sur la paroi thoracique latérale et antérieure et effectuer des compressions thoraciques rythmées ; La respiration de l’animal peut se rétablir après ces manœuvres. (4) Perfusion pulmonaire et quantification des zones infarctus : Cette étude présente des techniques de perfusion pulmonaire détaillées pour une meilleure visualisation de l’infarctus pulmonaire après l’induction de l’EP. Sur cette base, un indice permettant de quantifier la zone infarctus, appelé taux d’infarctus, a été développé. Les résultats actuels indiquent que cet indice peut répondre à la charge d’embolie et à la thrombolyse intrinsèque, ce qui suggère son utilité potentielle pour les comparaisons entre groupes dans les études portant sur de nouvelles thérapies antithrombotiques.
Par rapport à la modélisation de l’EP, la modélisation de l’hypertension pulmonaire thromboembolique chronique (HPTEC), une complication grave à long terme de l’EP, est plus difficile en raison de la forte activité fibrinolytique chez les rongeurs. Les solutions potentielles comprennent l’embolisation répétée et l’administration d’acide tranexamique (TXA), un inhibiteur de la fibrinolyse 7,10,12,15. Cependant, les dommages à l’accès veineux et la clairance rapide du plasma de TXA continuent de rendre la modélisation CTEPH difficile. Le modèle et les protocoles de visualisation qui l’accompagnent présentés ici peuvent fournir des informations sur l’établissement d’un modèle CTEPH fiable.
Les limites de ce manuscrit doivent également être abordées. Tout d’abord, il y a un manque de mesures hémodynamiques pour ce modèle, telles que la pression du ventricule droit et l’échocardiographie. Cependant, cela n’enlève rien à la validité du modèle, car il a été validé pathologiquement. Les chercheurs peuvent se référer à d’autres publications pour des méthodologies détaillées sur les mesures hémodynamiques16. Deuxièmement, un groupe de traitement pour évaluer les réponses médicamenteuses dans ce modèle d’EP n’a pas été inclus, comme l’administration de warfarine et d’urokinase, ce qui aurait pu démontrer davantage l’utilité du modèle.
En conclusion, un modèle modifié de PE chez le rongeur caractérisé par son approche peu invasive a été établi avec succès. Des méthodes permettant de quantifier les zones infarctus et de visualiser l’arbre artériel pulmonaire ont également été fournies. Ce modèle est prometteur pour répondre à des questions cruciales concernant la prévention et le traitement des complications de l’EP.