Les engelures restent une blessure courante par rhume dans les unités militaires opérant dans des climats difficiles, pourtant les marqueurs épidémiologiques et physiologiques pour le personnel vulnérable ne sont pas entièrement définis. Nous avons mené une étude transversale sur 1 250 militaires d’hommes stationnés dans les régions subarctiques et alpines du nord, combinant un questionnaire structuré avec l’anthropométrie (plis cutanés), l’absorption maximale d’oxygène estimée (VO 2 max ; protocole Bruce), et un protocole standardisé de vasodilatation induite par le froid main/pied (CIVD). Les engelures ont été signalées par 688 participants (55,0 %), principalement au premier degré ; les pieds (78,1 %) et les mains (75,0 %) ont été les plus touchés, les incidents se regroupant entre novembre et février entre -20 °C et -50 °C. Dans les modèles multivariés, le statut des recrues, l’origine méridionale avant l’engagement et la participation à la formation opérationnelle sur le terrain étaient associés à des risques plus élevés d’engelures, tandis que la graisse sous-cutanée et le VO2 max n’étaient pas des prédicteurs indépendants. Un indice CIVD sans unité résumant le temps de réponse et le statut de gelures discriminé par la magnitude avec une zone sous la courbe ROC (AUC) de 0,778 ; au seuil de Youden, la sensibilité était de 70,5 % et la spécificité de 85,5 %. Ces résultats indiquent une forte charge d’engelures concentrée lors des activités opérationnelles hivernales et soutiennent l’utilité pratique d’un simple indice CIVD pour identifier les individus à haut risque en vue de la prévention et de la formation ciblées. Des études prospectives intégrant des indicateurs détaillés d’exposition et l’utilisation d’équipements de protection sont nécessaires pour affiner la prédiction et évaluer les stratégies de prévention.